Culture
Retour04 avril 2025
Élise Brouillette - ebrouillette@medialo.ca
Un recueil de poésie pour embrasser l’intériorité

©Photo gracieuseté
Charles-André Coderre et Suzanne Joly.
Suzanne Joly vient de publier son quatrième recueil de poésie aux Écrits des Forges. Intitulé Filtrer la lumière, celui-ci invite le lecteur à apprivoiser l’intériorité et la quête de soi. L’ouvrage représente aussi une première collaboration pour l’auteure et son fils, Charles-André Coderre, dont les œuvres illustrent chaque section du livre de même que la couverture.
En entrevue avec L’Action, Suzanne Joly raconte que le thème de la lumière guide ce nouveau recueil et l’ensemble de son œuvre, tout comme ceux de l’eau et du fleuve. « Filtrer la lumière évoque ces occasions privilégiées par lesquelles on apprend sur soi-même. Lumière et silence marquent les temps forts de toute vie. »
L’auteure explique qu’à partir du silence et d’une solitude intérieure, le regard se pose différemment sur les choses et que celles-ci prennent une autre dimension. « La lumière est présente dans le silence et pour écrire, il faut de la solitude et être dans l’écoute. Quand on est bien avec soi-même, le silence est lumineux. »
Concernant l’omniprésence des références à l’eau dans ses écrits, Suzanne Joly mentionne : « J’ai toujours eu une attirance pour le fleuve. L’eau apaise et console. Je rêve d’ailleurs d’avoir un quai! Certaines personnes se ressourcent dans la nature, mais moi c’est le rivage, l’infini et l’horizon. »
Mme Joly, qui a enseigné la littérature pendant plus de 30 ans au Cégep à Joliette, croit d’ailleurs en l’importance d’enseigner aux jeunes comment se ressourcer intérieurement pour bien vivre. « Il y a vraiment une urgence de leur apprendre à s’arrêter. J’essaie de toujours trouver de la lumière, même dans les choses maussades et la noirceur. La poésie, c’est un moment pour s’arrêter, se détendre et méditer. »
Suzanne Joly confie que ses poèmes se veulent courts, simples et accessibles. « Ma poésie n’est pas hermétique, tout le monde peut se retrouver dans les émotions qu’elle dévoile. »
Au sujet des illustrations de son fils, issues du cinéma expérimental, elle ajoute qu’elles se mariaient parfaitement avec sa poésie. Au cours des dernières années, l’artiste a concentré sa pratique sur l’exploration de l’image via film sur pellicule. De son côté, en entrevue avec le Journal, Charles-André Coderre affirme que son travail sur pellicule et avec les textures entrait en résonnance avec les mots de sa mère. Les illustrations présentées dans le livre sont tirées d’un film d’art abstrait.
« C’est une pratique expérimentale qui utilise la manipulation de pellicule et l’abstraction d’images filmées et dénaturées. Nous sommes vraiment dans l’abstraction totale. »
Suzanne Joly a participé à de nombreux collectifs, livres d’artiste et coffrets d’art au cours des dernières années. Maintenant à la retraite, elle souligne que l’écriture et la poésie prendront davantage de place dans sa vie. Il s’agit d’ailleurs d’un genre littéraire qu’elle affectionne depuis son tout jeune âge. « En poésie, chaque mot doit être juste! »
Les courts-métrages réalisés par Charles-André Coderre sont présentés au sein de divers festivals de films. L’artiste se produit aussi lors de performances en direct. Il a également illustré des pochettes d’albums pour des artistes du label indépendant Constellation Records.
©Photo Élise Brouillette - L'Action
L’auteure Suzanne Joly.
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