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Retour02 avril 2025
Gabriel Ferland - gferland@medialo.ca
Autochtones et Allochtones s’unissent pour l’avenir du CAAL
Mamo Maniketan

©Gabriel Ferland
La conférence de presse s’est ouverte avec une performance musicale de l’artiste autochtone Jacques Newashish.
Le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière (CAAL) a récemment convié la communauté lanaudoise pour le lancement d’une importante campagne de financement. L’organisme souhaite récolter trois millions de dollars pour lancer la construction d’un nouveau centre multiservice, dont la valeur totale est estimée à 24 millions de dollars, qui comblera les besoins grandissants de la population autochtone de la région. Voici le résumé de la conférence de presse qui s’est tenue le 27 mars dernier, au Musée d’art de Joliette.
Mamo Maniketan, qui signifie « Construisons ensemble » en atikamekw, est le nom choisi pour cette campagne de financement. Selon les données présentées par le CAAL, les besoins sont en forte croissance et la population autochtone de Lanaudière aurait presque doublé entre 2011 et 2021. Ce projet représente donc une étape charnière dans le développement de l’organisme.
Évalué à 24 millions de dollars, le nouveau bâtiment comprendra 19 logements abordables temporaires, un CPE, une clinique de proximité, un centre culturel, une boutique, des espaces communautaires, en plus des services déjà offerts. Ainsi, le CAAL pourra continuer à servir ses membres dans un environnement culturellement sécurisant. Les nouveaux locaux créeront également un espace de rencontre pour tous, Autochtones et Allochtones, grâce à un lieu de diffusion des cultures autochtones.

©Photo gracieuseté
Apperçu du bâtiment selon les plans réalisés par la firme d’architectes Lachance et associés.
Selon la directrice générale du CAAL, Jennifer Brazeau, il s’agit d’un projet issu du terrain, pensé par et pour les membres de la communauté. L’objectif est de créer un véritable « mini village » et un lieu d’échange culturel pour la communauté autochtone, mais également pour tous les Lanaudois.
« L’élan de solidarité autour de <@Ri>Mamo Maniketan<@$p> démontre que la réconciliation peut se traduire en actions concrètes. Nous construisons ensemble un espace où nos cultures se rencontrent, où nos familles s'épanouissent et où toutes et tous peuvent découvrir la richesse des cultures autochtones en milieu urbain. Chaque contribution à cette campagne renforce cet engagement collectif », affirme Jennifer Brazeau.

« On ne se connaît pas assez, puis on ne se parle pas assez. Il faut continuer à travailler pour aller plus loin », a déclaré Guy Niquay, président du conseil d’administration du CAAL.
« Kitci mikwetc ! »
Avec l’engagement actif du président du Conseil d'administration, Guy Niquay, la campagne est portée par un « cabinet de campagne engagé qui met tout en œuvre pour rallier la communauté à cette cause essentielle ». Ce cabinet est composé d’Ann Soucy, directrice générale du Centre d’action bénévole Émilie-Gamelin; de Guy Niquay; de Louis-Simon Lamontagne, président et propriétaire de F. Thériault Inc.; ainsi que de Yanick Boucher, propriétaire de Meubles aubaines et copropriétaire du Golf Lac Taureau.
Grâce au soutien significatif des premiers donateurs, dont la Caisse Desjardins de Joliette et du Centre de Lanaudière qui a contribué à hauteur de 750 000 $, la campagne de financement s’amorce avec un élan remarquable. Le directeur général de la Caisse, Joël Landry, affirme que si l’institution financière est allée de l’avant dans ce projet, c’est notamment en raison de la grande qualité du dossier présenté et parce que tous les devoirs ont été faits. En date du 27 mars, 50 % de l’objectif, qui est fixé à trois millions de dollars, avait déjà été récolté.
Lors de la conférence de presse, les acteurs du projet étaient tous très reconnaissants et fiers de ce départ en force. Guy Niquay a d’ailleurs débuté son discours en disant « mikwetc, kitci mikwetc », ce qui veut dire « merci, merci beaucoup » en atikamekw. Pour la réalisatrice, animatrice et militante Mélissa Mollen Dupuis, cette campagne de financement représente un changement majeur. « Ça change tout ! Avant, pour réaliser des projets, on nous ouvrait seulement des fonds de tiroir, mais on sent que les choses ont changé. Maintenant, on sent vraiment que les gens ont envie de travailler avec nous et de participer activement », a-t-elle affirmé.
Le CAAL invite maintenant les entreprises, les organisations et les citoyens à participer. « Les fonds recueillis permettront de construire un centre unique qui enrichira le tissu social de la région, en offrant un espace où les cultures s'épanouissent, où les familles trouvent un véritable ancrage communautaire et un lieu où les différentes cultures se rencontrent. »
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