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26 mars 2025

Gabriel Ferland - gferland@medialo.ca

La vie après le hockey

Cahier hommage Marcel Bonin

Dossier spécial Marcel Bonin_policier

©Photo Collection Jean Chevrette

Le premier constat qui s’impose en apprenant à connaître le personnage de Marcel Bonin, c’est qu’il semble avoir vécu plus d’une vie. Chacun des chapitres de celle-ci pourrait néanmoins être un livre à part entière, tant ils débordent de détails et d’anecdotes. Au cours de l’un de ces chapitres, qui marque la transition entre sa carrière d’athlète professionnel et sa vie après le hockey, Marcel Bonin deviendra policier municipal pour la Ville de Joliette. Il y restera huit ans, soit de 1961 à 1969.

La retraite sportive de Marcel Bonin s’amorce péniblement; à cause d’une violente blessure au dos et d’une situation financière fragile. Dans le journal La Patrie du 25 janvier 1970, il revient sur cette période de sa vie en se confiant au journaliste Roger Labonté. « C’était contre les Red Wings de Détroit. Je jouais en compagnie d’Henri Richard et j’avais tenté de capter l’une de ses passes. Alors que j’allais entrer en possession de la rondelle, Pete Goegan, qui avait été l’un de mes coéquipiers à Détroit, m’a appliqué une rude mise en échec. Je me suis écrasé sur place… J’avais trois vertèbres de la colonne fracturées », rapporte le journaliste.

Une transition difficile

Cet accident marque la fin de la carrière de Marcel dans la LNH, mais également le début d’une situation financière particulièrement difficile. En effet, à la suite de cette blessure, il n’aurait pas reçu toutes les indemnités auxquelles il avait droit. À sa sortie de l’hôpital, il aurait tenté à plusieurs reprises de convaincre le directeur général des Canadiens de Montréal, Frank Selke, de lui verser son indemnité hebdomadaire de 100$. Il a cependant dû se contenter d’une allocation de 75 $.

« Vivre là-dessus, avec une famille de trois enfants, ça n'a pas été rose. Je m’efforçais de cacher ma condition. Quand les gars m’invitaient, je refusais en prétextant toutes sortes de choses; je n’avais même pas 5 $ en poche. À l’époque, le pain et le beurre devaient passer avant tout. J’ai même été trois ans sans automobile », raconte Marcel dans l’article de Roger Labonté. C’est dans ce contexte que l’ex-hockeyeur est devenu constable dans la police municipale de Joliette.

Dossier spécial Marcel Bonin_policier

©Photo Collection Jean Chevrette

De tireur d’élite à chef-enquêteur

Marcel Bonin aurait été officiellement engagé par le service de police de Joliette vers le mois d’août 1961, alors qu’il était toujours joueur dans les Canadiens de Montréal. Dans un article du journal <@Ri>Le Soleil<@$p>, paru le 20 janvier 1962, il est mentionné que « pendant la belle saison, Marcel Bonin est en effet l'instructeur de tir de la police de Joliette. Il a commencé à s’intéresser à ce sport, assez inusité pour un joueur de hockey, à son entrée dans la LNH avec les Red Wings de Détroit, en 1952 ». Ainsi, c’est son expérience en tant que tireur de précision qui semble lui avoir ouvert les portes de sa carrière dans la police. Il faut se rappeler qu’à cette époque, il n’y avait pas de formation obligatoire pour devenir policier municipal. Celle-ci sera mise en place à partir de 1969.

Au tout début de sa carrière d’instructeur de tir, il est appelé pour intervenir lors d’une fusillade sur la rue Saint-Paul, à Joliette, survenue le samedi 25 août 1962. Quelques jours après la fusillade, le journal joliettain <@Ri>L’Étoile du Nord<@$p> affirmait alors que la contribution de Marcel à cet événement avait été exagérée par d’autres journaux.

« Rejoint par téléphone, mardi, Marcel Bonin nous a déclaré qu’il avait répondu « oui » à l’appel qu’il avait reçu de prêter main forte aux policiers qui étaient aux prises avec le « fusilier » Poirier au Magasin Goulet. Un journal de fin de semaine et la plupart des quotidiens ont donné beaucoup de publicité au rôle joué par Marcel dans cette fusillade. Cette publicité, l’ancien joueur de hockey des Canadiens ne l’a pas recherchée ni sollicitée, loin de là », peut-on lire dans ce journal.

Son talent pour le tir de précision n’en était pas moindre. À l’occasion de l’Exposition universelle de 1967, Marcel Bonin a été invité par le réalisateur Georges Rondeau à faire une démonstration de ses habilités au Pavillon de la jeunesse. « De dos à une cible, il se fiera au miroir devant lui pour ajuster sa mire et tenter d’atteindre le point visé », pouvait-on lire dans une publication du 30 avril 1967.

À la fin des années 1960, après huit ans au service de la police de Joliette et après avoir été nommé chef-enquêteur, Marcel Bonin tourne la page sur ce chapitre de sa vie. Dans le contexte de la Révolution tranquille et de la réforme du système d’éducation, qui a entre autres mené à la création des écoles polyvalentes, Marcel accepte un poste à la Commission scolaire régionale de Lanaudière.

Le 10 septembre 1969, Le Nouvelliste écrivait : « Félicitations à Marcel Bonin, gloire de Joliette durant plusieurs années, qui vient de laisser son poste de policier pour occuper celui de chef de la sécurité à la Commission scolaire régionale de Lanaudière. La Commission scolaire n’aurait pu choisir un meilleur homme pour occuper ce poste. » C’est ce qui l’a mené vers son rôle de guide étudiant à la polyvalente Thérèse-Martin.

Souvenirs d’un collègue policier

Gilles Thouin, qui a servi pendant 33 ans à la police de Joliette en tant que policier et officier, a rencontré L’Action pour discuter de ses souvenirs avec Marcel Bonin. Lorsque M. Thouin a débuté sa carrière, il se rappelle que Marcel avait été engagé dans la même équipe que lui.

« La plus belle qualité de Marcel, c’était certainement sa présence physique et psychologique. Il avait toujours le désir d’aider les autres et, lorsqu’il intervenait, il s’assurait toujours que la personne ait tout ce dont elle avait besoin avant de clore le dossier », se remémore Gilles Thouin.

Dossier spécial Marcel Bonin_policier

©Photo gracieuseté

Gilles Thouin a été policier à Joliette pendant 33 ans. Au début de sa carrière, il a côtoyé Marcel Bonin et ils ont fait plusieurs interventions ensemble.

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