Pierre Boisvert et Dany Lavigne, des Équipements G. Comeau, dénoncent les circonstances de l’appel d’offres pour l’achat d’une rétrocaveuse à Sainte-Julienne.
Photo : Élise Brouillette
La conformité d’un appel d’offres remise en question
À Sainte-Julienne
Après avoir pris connaissance de l’appel d’offres de la Municipalité de Sainte-Julienne pour l’achat d’une rétrocaveuse, Dany Lavigne et Pierre Boisvert, des Équipements G. Comeau, dénoncent qu’ils n’ont pas été considérés et qu’ils ne peuvent établir de soumission.
Cette prétention est due au fait que l’appel d’offres spécifie que la rétrocaveuse doit être de marque John Deere et qu’Équipements G. Comeau se spécialise dans la marque Case.
Même si Pierre Boisvert explique qu’il est régulier qu’un appel d’offres fasse état d’une marque, ce sont les circonstances de l’appel d’offres qu’il regrette. Le directeur des ventes des Équipements G. Comeau affirme avoir été sollicité par Sainte-Julienne, en mars, afin de dépanner la Municipalité pour un bris d’équipement. « On m’a dit que si je n’aidais pas la Municipalité, je ne serais pas considéré lors de l’appel d’offres. »
Les Équipements G. Comeau a loué de l’équipement à la Municipalité et Pierre Boisvert ne comprend pas que malgré tout, la marque de ses produits ne soit pas prise en considération.
Pour Pierre Boisvert et le représentant des ventes, Dany Lavigne, le fait de ne solliciter qu’une marque dans un appel d’offres peut amener le fournisseur à gonfler le prix. « Les citoyens vont finir par payer trop cher. »
Le directeur des travaux publics à Sainte-Julienne, Louis Lefebvre, réfute de son côté l’ensemble des prétentions des Équipements G. Comeau. « En mars, on a fait appel à des fournisseurs pour une location. Les Équipements G. Comeau a demandé si nous irions ensuite en appel d’offres. Nous leur avons dit que ce serait probablement le cas, mais le choix s’est arrêté sur une rétrocaveuse de marque John Deere. »
« Ce n’est pas la première fois qu’on vit ça, des fournisseurs fâchés », ajoute le directeur du service. Quant au fait que les Équipements G. Comeau aurait dépanné Sainte-Julienne sous menace, « c’est absolument et complètement faux », déclare Louis Lefebvre.
Le directeur des travaux publics explique avoir réalisé l’étude de plusieurs unités, avec le service de la voirie, avant de faire un rapport au conseil en vue de l’achat de la rétrocaveuse. « Les avis étaient partagés et le conseil a statué pour la marque John Deere. » Pour Louis Lefebvre, cette décision n’est aucunement surprenante puisque la flotte d’équipements de Sainte-Julienne est de marque John Deere et que les réparations sont ainsi plus faciles.
Louis Lefebvre note que les fournisseurs ont toujours la liberté de soumissionner des équivalences. « C’est dommage, si les Équipements G. Comeau ne soumissionnent pas, ils vont passer à côté. »
Le maire de Sainte-Julienne, Pierre Mireault, explique au Journal que les Équipements G. Comeau prétend que l’appel d’offres pour la rétrocaveuse n’est pas conforme de par la marque qui y est spécifiée. « J’ai envoyé, par prudence, l’appel d’offres au contentieux de la Municipalité pour obtenir un avis juridique. »
Si le libellé de l’appel d’offres n’est pas conforme, ce dernier sera repris. Dans le cas contraire, le maire, Pierre Mireault, spécifie que la Municipalité ira de l’avant avec l’achat de la rétrocaveuse.